Quel dosage de bouillie bordelaise utiliser pour les arbres fruitiers ?

Bouillie bordelaise pour arbres fruitiers : dosage à respecter

Chaque printemps, une question revient souvent. Quel dosage de bouillie bordelaise utiliser sans risquer d’abîmer les arbres fruitiers ? En général, comptez entre 15 et 20 g par litre d’eau. Ce dosage peut toutefois varier selon l’arbre et la maladie à traiter.

Je vous explique tout, du dosage exact à la bonne période de traitement, pour protéger votre verger sans surdoser.

Quel dosage de bouillie bordelaise pour les arbres fruitiers ?

Pour la plupart des arbres fruitiers, utilisez 15 à 20 g de bouillie bordelaise par litre d’eau. Ce dosage convient aux traitements d’automne et de fin d’hiver, avant l’ouverture des bourgeons.

Dosage général recommandé (15-20 g/L)

Ce dosage convient aux traitements préventifs sur les arbres sans feuilles. Au printemps, réduisez plutôt à 10 à 15 g par litre pour protéger les jeunes pousses. L’astuce est de mélanger 100 g de poudre dans 10 litres d’eau.

À l’automne, vous pouvez aller jusqu’à 20 g par litre pour traiter le tronc et les branches avant l’hiver. Vérifiez toujours les indications du fabricant, car la teneur en cuivre varie selon les produits.

Mesure de bouillie bordelaise avant pulvérisation sur arbres fruitiers

Dosage selon l’espèce d’arbre et le volume d’eau

Chaque espèce fruitière a ses propres besoins, selon la maladie à combattre. Voici les dosages les plus fiables pour préparer 5 litres de bouillie :

  • Pommier, poirier, abricotier : 10 g/L, soit 50 g pour 5 litres, contre la tavelure et le chancre.
  • Cerisier : 12,5 g/L, soit 62,5 g pour 5 litres, contre la bactériose et le Coryneum.
  • Prunier : 12,5 g/L, soit 62,5 g pour 5 litres, contre la bactériose.
  • Pêcher (cloque) : 25 g/L, soit 125 g pour 5 litres.
  • Pêcher (bactériose) : 6,25 g/L, soit 31,25 g pour 5 litres.

Le pêcher demande un dosage adapté à la maladie. La concentration n’est pas la même contre la cloque et contre la bactériose. Utilisez toujours le dosage recommandé pour chaque traitement.

Quand traiter ses arbres fruitiers à la bouillie bordelaise ?

Le traitement se fait à trois moments de l’année. Le premier a lieu en automne, après la chute des feuilles. Le deuxième intervient à la fin de l’hiver, juste avant l’ouverture des bourgeons. C’est la période idéale pour prévenir la cloque du pêcher et la tavelure du pommier.

Le dernier traitement se réalise au printemps, lorsque les jeunes feuilles mesurent une dizaine de centimètres. Renouvelez ensuite l’application tous les 12 à 15 jours si les conditions le nécessitent.

Arrêtez toujours les traitements au moins 15 jours avant la récolte afin d’éviter les résidus de cuivre sur les fruits.

Comment appliquer correctement la bouillie bordelaise sur les arbres fruitiers ?

Pulvérisez le tronc, les branches principales, les jeunes rameaux et les deux faces des feuilles. Utilisez une buse fine à environ 20 cm de la plante pour obtenir une couverture régulière.

Le but est de bien humidifier le végétal sans le détremper. Si le produit coule le long des branches, c’est que la quantité appliquée est trop importante et n’apporte aucun bénéfice supplémentaire.

Quelques règles pratiques à respecter avant chaque pulvérisation :

  • Jour sec et calme : traitez sans vent, hors période de gel, avant une pluie annoncée pour laisser le produit agir.
  • Pesée précise : utilisez une balance pour doser la poudre plutôt qu’une mesure approximative.
  • Rinçage du matériel : rincez le pulvérisateur plusieurs fois après usage, et pulvérisez l’eau de rinçage sur les végétaux déjà traités.

Si vous venez d’installer un jeune fruitier, ce protocole d’application s’applique aussi bien après la plantation d’un arbuste en pleine terre, une fois l’arbre bien enraciné.

Quelles précautions et limites respecter pour ne pas surdoser ?

La principale limite de la bouillie bordelaise vient de l’accumulation du cuivre dans le sol. Respectez les doses autorisées et ne dépassez pas 4 g de cuivre par m² et par an, ou 6 g/m²/an en agriculture biologique.

Pour le verger, limitez-vous à 4 traitements par an et évitez plus de deux applications par mois au printemps. Un traitement systématique sans risque réel de maladie augmente seulement la quantité de cuivre dans le sol.

Voici les erreurs les plus courantes à éviter :

  • Dépasser 20 g/L en pensant améliorer l’efficacité. Un dosage trop élevé augmente surtout les risques pour l’arbre et le sol.
  • Oublier les indications du fabricant. La concentration en cuivre varie selon les produits.
  • Négliger le traitement d’automne sur bois nu. Il aide pourtant à limiter les champignons qui passent l’hiver sur l’écorce.

Ces principes de dosage raisonné valent aussi pour d’autres arbres du jardin. Si vous avez un mûrier platane à tailler, pensez à adapter vos traitements phytosanitaires au calendrier de taille, pour ne pas cumuler les interventions sur un arbre déjà fragilisé.

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